Tout est du code. Un deck, un tableur, une vidéo montée : derrière chaque livrable, il y a une structure qu'une machine sait écrire. Le montage vidéo par l'IA en est la démonstration la plus spectaculaire.
Guillermo Rauch, CEO de Vercel, l'a résumé en quatre lignes : un deck, c'est du code, un design, c'est du code, une vidéo, encore du code. Une automatisation Excel ? Du code aussi.

On ne le voit pas parce qu’on manipule des interfaces (PowerPoint, Canva, Excel). Mais derrière chaque livrable, il y a une structure.
Et depuis que Claude Code sait écrire cette structure à votre place, la liste des tâches « réservées aux experts » se réduit très vite.
J'ai détaillé la prise en main de l'outil dans mon guide pratique sur Claude Code pour les non-développeurs.
Derrière chaque expertise, il y a toujours eu une couche d'instructions exécutable par une machine. On ne la voit pas, parce que les logiciels la cachent derrière des boutons.
Les interfaces cachent la structure
Si vous faites le test en prenant des slides en format pptx, renommez-le en .zip, et dézippez-le. Vous aurez alors un dossier de fichiers XML (Un fichier par slide avec la mise en page, les couleurs, les positions, les notes,…)
Même chose pour un .docx et un .xlsx. Ce sont des archives ZIP de fichiers XML, pas des objets magiques.
Et c’est exactement comme ça que Claude travaille sur vos documents. La logique parait brutalement simple : dézipper, éditer le fichier de la slide 2, rezipper.
Les interfaces sont la plupart du temps du html / css / javascript. Les modèles IA sont très bons pour ça. On pourrait donc les utiliser pour réaliser des tâches qui semblent créatives comme le montage vidéo.

Le montage vidéo par l'IA, le cas limite le plus parlant
Je prends volontairement l'exemple qui paraît le plus créatif et le plus subjectif : le montage vidéo. Tout le monde parle de génération vidéo (Veo, Seedance, Kling) et les modèles sont devenus impressionnants. Mais l'étape suivante, celle où tout le monde bloque, c'est le montage.
Ajouter du texte animé synchronisé au bon timecode, des sous-titres incrustés, une intro brandée, ça demandait After Effects ou Premiere. Sauf qu’une vidéo montée, c’est une timeline. Des calques, des durées, des positions. Donc une structure. Donc du code.

Le projet qui l’illustre le mieux, c’est HyperFrames, un framework open source développé par HeyGen. Vous écrivez une page web, un moteur (Puppeteer plus FFmpeg) la capture image par image et l’encode en MP4.

Monter une vidéo avec Claude Code et HyperFrames en 4 étapes
Concrètement, voici comment monter une vidéo avec Claude Code et HyperFrames :
- Installer les skills. Le repo embarque une vingtaine de skills qui encodent les patterns du framework que Claude ne devinerait pas seul. Vous pouvez ensuite utiliser /hyperframes dans votre conversation.
- Préparer un dossier avec vos médias, images ou vidéos au format mp4 (clips bruts, visuels, logo).
- Demander le storyboard avant la vidéo. Vous obtenez les scènes, les textes et les intentions de plan sous forme de page web. Vous corrigez la copy directement là, avant de lancer un seul rendu. C'est un gain de temps considérable, et beaucoup de tokens économisés.
- Générer le montage, avec un export des MP4 finaux à côté des fichiers d'origine.
À aucun moment vous ne lisez le code. Claude Code gère tout pour vous. Voici le rendu obtenu en un seul prompt sur une intro de vidéo :
Là on est sur un prompt basique, sans consigne particulière en dehors du fait “illustrer la vidéo”. Mais avec un prompt optimisé, on peut aller beaucoup plus loin. Ici, Claude a géré :
- sous-titres → génération des sous-titres en améliorant le transcript avec une compréhension globale. Par exemple “Claude code” était en “Cloud code”, l’outil a bien fait le changement.
- l’audio → normalisation à −14 LUFS (cible YouTube), coupe-bas 70 Hz, compression légère, micro-fondus aux 4 coupes.
- Caméra → alternance serré/large à chaque coupe (ce qui masque aussi les jump cuts), dérives lentes dans les plans, punchs rapides sur « ChatGPT » et « fou », dézoom quand les barrières tombent, push intime sur « j’ai été bluffé ».
- Motion design → chaque élément calé sur le mot prononcé : hook « CLAUDE CODE × n8n » à l’ouverture + les 4 barrières (interface, nœuds, logique de workflow, mapping) empilées en chips + « AUTOMATISER / L’AUTOMATISATION » en pleine frame, etc
Pillow et MoviePy, l'alternative en Python
Il est aussi possible de passer par des librairies comme Pillow et MoviePy, deux librairies Python.
- Pillow pour manipuler des images (redimensionner, recadrer, convertir, ajouter du texte ou des filtres)
- MoviePy pour manipuler de la vidéo (couper, concaténer, ajouter du son, des sous-titres, des transitions, exporter en MP4).
Ce qu'il faut retenir : la boucle code, rendu, inspection, correction
C'est là que se joue l'intérêt réel du sujet, et ça vaut bien au-delà de la vidéo. Quand vous générez une image ou une vidéo, chaque nouvelle tentative est un coup de dés. Vous relancez, vous obtenez autre chose, vous choisissez le moins mauvais.
Quand le livrable est du code, vous entrez dans une boucle (loop) : Code → Rendu → Inspection → Correction. L’espacement est faux, on change le CSS. Le texte passe sur le visage, on décale la position. L’animation traîne, on ajuste le timing.
Avec une logique d’objectif et d’étapes de vérification, Claude est autonome où chaque itération améliore l’artefact au lieu de repartir de zéro.
Aller plus loin : script, voix et avatar générés
On peut aller plus loin que le montage, et remonter jusqu'à la génération :
- Le script en amont → Claude rédige et découpe le script en plans avant toute génération en respectant votre tone of voice
- La voix → ElevenLabs (via le voice cloning), ou directement les commandes média de HyperFrames qui gèrent la synthèse vocale, la transcription et la suppression de fond pour les incrustations transparentes.
- L’avatar → HeyGen pour incarner le script à l’écran. Les progrès sur les avatars sont impressionnants.
Si ce workflow vous intéresse, je pourrais générer une vidéo de quelques minutes 100% IA en suivant cette logique.
Faut-il confier son montage vidéo à l'IA ?
Tout est du code, mais surtout tout ce qui est du code est corrigeable, versionnable, réutilisable. Et donc automatisable.
Le montage vidéo est un exemple extrême parce qu'il est créatif et subjectif. La même logique marche sur un deck généré avec Claude Design et exporté en pptx, sur un rapport, sur un dashboard ou sur un tableur.
Si vous voulez appliquer cette boucle à vos propres livrables, c'est exactement le type de chantier qu'on cadre en audit IA chez Tandem.
(Pour creuser le fond du sujet, a16z a publié The Next Frontier of Visual AI Is Code le 2 juin 2026, sur ce basculement du pixel vers le code.)



