Si vous traînez un peu sur X ou GitHub ces derniers jours, impossible de passer à côté de cette nouvelle solution (open-source) qui permet d’avoir un assistant IA qui réalise des tâches pour soi en arrière-plan.
Le projet a explosé les compteurs et tout l’écosystème Tech ne parle que de ça.

Son nom ? Clawdbot, renommé OpenClaw récemment pour éviter les soucis légaux avec Anthropic.

La promesse est forte : ce n’est pas un énième chatbot passif. C’est un agent IA “souverain” et autonome qui vit sur votre machine (ou serveur), accède à vos fichiers, votre terminal et navigue sur le web pour exécuter des tâches complexes à votre place.
Il s’intègre dans nos outils du quotidien : WhatsApp, Telegram, Slack, Discord, Google Chat, Signal, iMessage, Microsoft Teams, WebChat
On a voulu vérifier si la hype était justifiée ou si c’était juste le dernier jouet à la mode.
Le setup Tandem pour le tester en conditions réelles (et sécurisées), on a monté une instance dédiée :
- Infrastructure : Un VPS chez Hostinger pour qu’il tourne 24/7.
- Interface : On l’a câblé directement sur notre Slack. On lui parle comme à un collègue, il répond et agit.
- Accessibilité : Il est aussi dispo sur WhatsApp ou Telegram, mais Slack permet de mieux gérer les fichiers, les threads et surtout ne pas ajouter un nouvel outil.
Concrètement, qu’est-ce qu’il sait faire ? C’est un véritable assistant personnel IA en mode Headless. Contrairement à ChatGPT qui vous donne le code à taper, OpenClaw tape le code lui-même.
On l’a challengé sur plusieurs cas d’usage :
- Audit de notre présence : Il a navigué de façon autonome sur nos profils LinkedIn et notre site web pour nous faire un rapport de cohérence.
- Intelligence économique : On lui a demandé d’aller scanner les sites de nos concurrents et de générer un tableau comparatif.
- Actions techniques : Il peut gérer du Docker, des fichiers systèmes, et exécuter des scripts.
⚠️ Le point de vigilance : la facture : c’est là que ça pique. Pour être aussi performant et autonome, OpenClaw s’appuie par défaut sur le modèle Claude 4.5 Opus d’Anthropic (l’un des modèles IA les plus intelligents, mais aussi un des plus cher).
La facture peut monter très vite. Ce n’est pas un outil gratuit, et chaque “réflexion” complexe de l’agent a un coût réel.
Décoder la hype du réel
On peut lire tout un tas de choses sur Clawdbot et je me suis dit que ça serait intéressant de décoder tout ça. On peut vite faire des raccourcis alors démêlons le vrai du faux pour comprendre ce qui est révolutionnaire (ou pas) dans l’outil :
- ✅ Réaliser des actions sur vos comptes sur le web (réseau social, outil, etc) en tant qu’un agent web. J’ai déjà parlé des agents web et la possibilité de faire des actions sur des interfaces pour vous. Le coût de ces outils baisse drastiquement (0,005€ par action). Ce qui lui permet de faire des tâches même sur des outils qui n’ont pas d’API (récupération de factures) ou si l’API est chère (poster sur X). Le gros plus d’OpenClaw, c’est d’avoir une série d’outils à sa disposition : Recherche web, Agent web, Agent IA dev (Claude Code), ou encore les skills pour le guider sur l’utilisation des outils
- ❌ OpenClaw peut t’écrire de lui-même. C’est ce qui revient souvent comme assez impressionnant. Car avoir un LLM en local et lui demander des tâches (recherche web, génération de contenu, etc), ce n’est pas très nouveau mais l’aspect pro-actif est vraiment intéressant. Ce n’est pas magique, concrètement, ça passe par 2 grandes options :un tour d’agent (toutes les 30 minutes par défaut) où il fait un check de la situationun déclencheur (cron = programmer des tâches tous les matins à 8h - > c’est pas nouveau + webhook = des évènements réalisés sur les outils connectés pour partager l’information à l’outil, par exemple un évènement calendrier qui envoie une notification 10 min avant l’évènement)
Ensuite, c’est un envoi de message via l’outil message.send (ou une livraison automatique de cron vers un chat)
Par contre, un peu incontrôlable sur le coût aujourd’hui (Claude Opus est très cher). Avec des modèles à un coût faible (de l’open source chinois par exemple), on est sur quelque chose d’intéressant.
- ✅ L’intégration avec les apps du quotidien (whatsapp, telegram, etc) est facile. C’est souvent assez compliqué, j’avais fait une vidéo sur un assistant sur whatsapp et là, on vient baisser la barrière à l’entrée.
- ❌ mémoire infinie : selon les utilisateurs, OpenClaw est capable de se souvenir de l’ensemble des conversations, il garde tout le contexte. C’est un gros sujet car quand on utilise les modèles comme chatGPT, Claude, Gemini, il peut y avoir un manque de contexte. On peut distinguer :la mémoire court terme = le chat. On est souvent capé à la fenêtre de contexte du modèle (taille du nombre d’informations que l’on peut partager)la mémoire long terme = une base de données sur le côté où le modèle va récupérer des informations pertinentes avant de répondre. On a l’impression alors “qu’il nous connaît”
👉 Le modèle a une limite physique : la “fenêtre de contexte” (le volume max d’infos visibles à l’instant T). Pour OpenClaw, ça dépend du modèle utilisé (pas de l’outil).
L’outil stocke toutes les infos sur le côté dans un fichier markdown (comme un carnet de notes) et il y a un moteur de recherche qui, avant de répondre, récupère les passages pertinents et les remet dans le contexte. Ce n’est pas nouveau
On peut accumuler des informations de manière infinie, MAIS chaque requête a une fenêtre de contexte (context ≠ memory). Et quand la conversation devient trop longue, OpenClaw résume l’historique pour rester dans les limites.
- ❌ Sécurité : on en parle assez peu mais un usage aussi personnel et intense d’un assistant IA soulève la question de la confidentialité des données, qui seront ici stockées sur les serveurs des modèles utilisés (Anthropic, OpenAI, …)
Des exemples d’utilisation en vrac
“Faire une réservation pour un restaurant avec Eleven Labs”
Mon analyse : ça semble être plus un bluff (échec de la réservation sur l’url d’après le chat)

“Je lui ai demandé de parcourir mes e-mails et mes transactions bancaires pour retrouver tous mes antécédents dentaires, et il a créé cette interface utilisateur très pratique (bien sûr, après de nombreuses demandes et conseils) qui présente l’état actuel de mes dents, mes prochains rendez-vous, l’historique de mes paiements, etc.”
Mon analyse : possible mais j’imagine beaucoup d’allers-retours pour créer l’interface + difficultés de savoir si les informations sont correctes (sans hallucinations). Le coût pour réaliser cette action a dû être très élevé.

“Demander à Clawdbot de déployer une mise à jour depuis votre montre est une sensation plutôt sympa.”
Mon analyse : l’effet “dans la poche” est agréable pour beaucoup, que ce soit sur téléphone, ordinateur, montre, … Séduisant d’avoir un assistant facilement accessible.

“J’ai configuré Clawdbot pour surveiller X. Il lit mon thread X et m’envoie un résumé de mon fil d’actualité ce jour-là.... ainsi que des podcasts et des articles qui pourraient me plaire, les publications tendance, les actualités sur les financements et même des mèmes.”
Mon analyse : rien de nouveau là-dessus. Aujourd’hui paramétrable sur la plupart des LLM avec une tâche d’envoi d’un résumé. Le plus, c’est de l’avoir sur whatsapp, telegram, .. et son propre serveur (frais faible)

“Analyse notre site et fais-nous un retour”
Mon analyse : sympa car sur slack et open source. En dehors de ça, résultat comparable à n’importe quel modèle qui a du contexte sur vous.

Vous pouvez même demander à OpenClaw comment il peut vous aider :

“Je viens d’embaucher mon premier employé aujourd’hui avec mon mac mini. Il travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an. Bienvenue OpenClaw.”
Mon analyse : oui on peut le mettre en local sur un mac mini (700€) mais c’est vraiment oversize, ça peut être sur un raspberry pi. OpenClaw, c’est surtout un “gateway” + des intégrations/outils + de la mémoire (fichiers + index). Ça demande peu de CPU. Et donc un serveur VPS à 5€/mois suffit.

C’est déployable en 1 clic sur des VPS :




